De Condom à Saint Jean Pied de Port
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Bonjour à tous,

Le prochain mail sera en espagnol, ... enfin le titre.

Ca y est les Pyrénées se dressent devant moi ... dans la brume. Peut-être que demain le vent balaiera les nuages.

De Condom (baigné par la Baïse) je suis allé à Montréal du Gers, Eauze (prononcer éoze), Nogaro, Aire sur Adour, Arzacq, Arthez en Béarn, Navarrenx, Aroue, Ostabat et aujourd'hui Saint Jean Pied de Port, le port signifiant le col comme chacun sait :-)

Je cite de mémoire les étapes car je peux vous assurer que lorsqu'on les a faites à pied on en oublie aucune !

Le Gers est très beau avec ses champs de tournesol et de maïs, ses belles fermes et châteaux, ses collines à perte de vue, mais vraiment c'est très long. Alors à partir de Nogaro j'ai fait des étapes de 30 km par jour jusqu'à Navarrenx ( 120 km en 4 jours). J'étais accompagné par un prof de biologie à la retraite qui marchait d'un bon pas et assurait le train jusqu'à ce que je me rende compte un peu tard, que marcher avec un sac de 2 kilos (le sien) ou de 12 kilos (le mien) sur le dos ce n'était pas la même chose (sa femme assure la logistique en l'attendant à la mi-étape et le soir). Le 2è jour à ce rythme je me suis retrouvé pris d'un malaise sur le coup de midi, genre voile noir quand on se relève trop vite.

J'ai compris qu'il fallait que je marche selon ma cadence et maintenant je reste seul pendant la journée retrouvant les autres pèlerins et randonneurs le soir à l'étape.

L'arrivée à Navarrenx était aussi assez épique, car j'ai eu l'idée douteuse, en arrivant à l'étape encore en nage après 9h de marche, de partager une bière puis 2 avec un Irlandais, Hugo, et un Ecossais qui voyage en VTT de retour de Compostelle, Dominic. Je leur en ai payée une 3è ... et j'ai filé à l'anglaise, trouvant difficilement la porte du gîte !

Quand même l'Irlandais se plaignait de sa tête "Oh ma pôvre tête" le lendemain, mais je crois qu'il avait continué à boire très généreusement toute la soirée. Bref tous les pèlerins ne sont pas sobres et ne se couchent pas à 22h. N'empêche que le bougre est capable de marcher 40 km dans la journée ; je risque de le revoir d'ici Santiago.

Hier dans un registre beaucoup plus raffiné j'ai participé à un mini concert improvisé par les "Belges chantants" ; ils s'arrêtent dans les petites chapelles, nombreuses sur le chemin et invitent ceux qui savent chanter à se joindre à eux.

Un moment magique !

Demain c'est donc l'Espagne avec ses gîtes énormes (plusieurs centaines de lits parfois sur 2 ou 3 étages), ses horaires différents (repas à 22h au moment où le pèlerin se couche !), ses chiens paraît-il beaucoup moins agressifs qu'en France et ses cohortes de pèlerins extrêmement nombreux à 100 km de l'arrivée car c'est le minimum pour avoir son "diplôme", la Compostella.

La montée de Roncevaux est quand même assez sportive : 25 km et 1300 m de dénivellation.

Je ne sais pas quelle est la fréquence des points d'accès internet en Espagne, mais je les guetterai !

Bises,

Olivier